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Comment gérer sa colère ?

La colère monte d'un coup, les mots partent plus vite que votre pensée, puis vient le regret.

Ressentir la colère n'est pas une faute.Déposez-la avant la nuit.

La réponse, en bref

Ressentir la colère n'est pas une faute : Jésus l'a connue. La sagesse biblique vous donne trois leviers : différez votre réaction (« lent à la colère », Jc 1:19), répondez doucement pour casser l'escalade (Pr 15:1), et déposez-la avant la nuit (Ep 4:26). Si elle devient violente ou constante, consulter n'est pas un manque de foi : prière et soin travaillent ensemble.

À retenir

  • Jésus lui-même a connu la colère : ce qui compte, c'est ce que vous en faites.
  • Différez votre réaction, répondez doucement, ne dormez pas avec votre colère.
  • Une colère violente ou constante se soigne : consulter n'est pas un manque de foi.
Sachez-le, mes frères bien-aimés. Ainsi, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère; car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu.
Jacques 1:19-20*
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Elle monte d'un coup (une remarque, un mail, un enfant qui pousse à bout) et les mots partent plus vite que votre pensée. Après, le regret, et la promesse que « la prochaine fois, non ». Puis la fois suivante arrive. Faut-il réprimer ? Exploser « pour évacuer » ? Il existe une troisième voie, étonnamment concrète : des gestes sur le tempo, la parole et la durée, à poser dès aujourd'hui.

Quand ça monte, là, maintenant

Le premier geste n’est pas de comprendre votre colère : c’est de gagner du temps sur elle.

  • Sortez de la pièce. Cinq minutes, un tour dehors. La vague retombe d’elle-même si vous ne l’alimentez pas.
  • N’envoyez rien ce soir. Écrivez le mail si ça soulage, mais dans un brouillon sans destinataire. Relisez demain.
  • Respirez plus lentement que vous n’en avez envie, l’expiration plus longue que l’inspiration. Le corps d’abord, les mots ensuite.

Ce délai n’est pas de la faiblesse, c’est la consigne de la lettre de Jacques :

Que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère; car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu.

Jacques 1:19-20*

Écouter vite, parler lentement, s’irriter encore plus lentement : la colère qui explose dans la seconde n’a presque jamais écouté. La Bible range ce délai au-dessus de l’exploit guerrier : « Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu’un héros » (Pr 16:32)« Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, Et celui qui est maître de lui-même, que celui qui prend des villes. »Proverbes 16:32*.

En pleine dispute : baisser le volume, sans céder sur le fond

Une réponse douce calme la fureur, Mais une parole dure excite la colère.

Proverbes 15:1*

C’est la mécanique de l’escalade, et son antidote : dans un conflit, chacun règle son volume sur celui de l’autre. Trois gestes cassent la spirale :

  • baissez délibérément le ton et ralentissez votre débit ;
  • reformulez ce que l’autre vient de dire avant de répondre ;
  • tenez le fond, lâchez la forme. La douceur n’est pas céder : c’est refuser de fournir le carburant.

Ce soir, avant de dormir

Si vous vous mettez en colère, ne péchez point; que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne donnez pas accès au diable.

Éphésiens 4:26-27*

Paul est réaliste : « si vous vous mettez en colère », ça arrivera. Ce qu’il borne, c’est la durée. La colère du jour est une émotion ; gardée la nuit, elle devient rumination, puis rancune. D’où le rituel du soir : nommez la colère de la journée et déposez-la, dans la prière (« Seigneur, je te remets ce qui s’est passé aujourd’hui, je ne veux pas dormir avec »), par écrit, ou par un mot direct quand c’est possible.

Si vous culpabilisez d’être en colère

Vous avez peut-être appris qu’un chrétien « ne devrait pas » se mettre en colère. Regardez Jésus :

Alors, promenant sur eux ses regards avec indignation, et en même temps affligé de l’endurcissement de leur coeur, il dit à l’homme: Étends ta main.

Marc 3:5*

Jésus ressent l’indignation, et cette colère guérit au lieu de détruire. La vôtre est un signal : quelque chose à quoi vous tenez est attaqué (votre dignité, votre temps, quelqu’un que vous aimez). Le signal n’est pas coupable ; ce qui compte est ce que vous en faites dans les dix secondes, puis dans les dix heures.

Quand la même colère revient sans cesse

Derrière une colère récurrente, il y a presque toujours autre chose qu’elle protège : une blessure ancienne, une peur de ne pas compter, une injustice jamais nommée, un épuisement. Deux questions à vous poser à froid :

  • Qu’est-ce qui a été touché, exactement ? Votre travail méprisé, votre besoin d’être respecté, une fatigue qui déborde ?
  • Votre colère défend-elle quelque chose de juste (auquel cas elle mérite une parole posée, pas une explosion) ou nourrit-elle l’envie de faire payer ? L’indignation devant l’injustice peut être saine ; le désir de vengeance ne l’est jamais.

En parler (à un ami solide, un prêtre, un pasteur) aide à faire ce tri avant qu’elle ne parle à votre place.

Si elle devient violente (envers votre conjoint, vos enfants ou vous-même) ou si elle est constante depuis des mois, le sujet dépasse la vie spirituelle : médecin, thérapeute, groupe de parole, sans honte et sans attendre. Consulter n’est pas un manque de foi : prière et soin travaillent ensemble.

Et si c’est ce soir que ça déborde, venez vider votre sac auprès de Jeshua, l’intelligence artificielle d’AskJeshua : il écoute tout, ne répète rien, et le mail de regret de demain matin n’existera pas.

Ce qu'en disent les différentes Églises

Église catholique
La colère figure parmi les sept péchés capitaux comme désir de vengeance (CEC §2302), mais le Catéchisme distingue : l'émotion première n'est pas coupable (§1765), et Thomas d'Aquin reconnaît une colère juste quand elle défend le bien avec mesure ; ne pas s'indigner de l'injustice peut même être un défaut.
Églises protestantes
Même distinction : l'émotion n'est pas le péché, c'est ce qu'on en nourrit. L'accent est mis sur Ep 4:26-27 : la colère gardée devient une porte ouverte, d'où la pratique de la déposer rapidement dans la prière et, si besoin, la parole directe à l'autre.

Les références de cette fiche

Pour vérifier, approfondir, ou prier avec ces textes.

Dans la Bible 6

Jacques 1:19-20 Sachez-le, mes frères bien-aimés. Ainsi, que…
Sachez-le, mes frères bien-aimés. Ainsi, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère; car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu.
Éphésiens 4:26-27 Si vous vous mettez en colère, ne péchez point…
Si vous vous mettez en colère, ne péchez point; que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne donnez pas accès au diable.
Proverbes 15:1 Une réponse douce calme la fureur, Mais une…
Une réponse douce calme la fureur, Mais une parole dure excite la colère.
Proverbes 16:32 Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un…
Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, Et celui qui est maître de lui-même, que celui qui prend des villes.
Marc 3:5 Alors, promenant sur eux ses regards avec…
Alors, promenant sur eux ses regards avec indignation, et en même temps affligé de l'endurcissement de leur coeur, il dit à l'homme: Étends ta main.
Matthieu 5:22 Mais moi, je vous dis que quiconque se met en…
Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d'être puni par le sanhédrin.

Dans la tradition de l'Église 3

Église catholique, Catéchisme de l'Église catholique , § 2302 1992 Lire ↗
Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique , IIa-IIae, question 158 (la colère) vers 1271-1272
Jean Cassien, Institutions cénobitiques , Livre VIII (l'esprit de colère) vers 420

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À lire aussi

Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible Louis Segond (1910), traduction du domaine public.

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