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Comment gérer des collègues pénibles ? Une sagesse de 2000 ans répond

Le collègue qui commente tout, celle qui s'attribue votre travail, celui dont l'humeur décide de l'ambiance du bureau : vous passez huit heures par jour avec des gens que vous n'avez pas choisis, et certains vous épuisent. Deux mille ans de vie commune imposée (monastères, paroisses, où l'on ne choisit pas non plus ses voisins de table) ont produit des gestes concrets, praticables dès lundi, et étonnamment peu naïfs.

La réponse, en bref

Quatre gestes : la réponse douce qui refuse l'escalade (Pr 15:1), la parole directe en tête-à-tête plutôt que la plainte généralisée (Mt 18:15), la prière pour la personne (qui change d'abord votre regard), et des limites assumées : « autant que cela dépend de vous » (Rm 12:18) signifie que vous n'êtes responsable que de votre part. Aimer son prochain n'a jamais voulu dire subir un harcèlement : là, on se protège et on alerte.

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Aller plus loin : ce que disent la Bible et la tradition

Dès lundi matin : quatre gestes

1. Couper le carburant de l’escalade

«

Une réponse douce calme la fureur, Mais une parole dure excite la colère.

»
proverbes 15:1 · LSG

Une relation pénible est une boucle : sa pique appelle la vôtre. Le seul point de la boucle que vous contrôlez : votre réponse. Plus bas, plus lent, plus court, ou le mail du soir laissé au lendemain. Ce n’est pas de la soumission : c’est couper le carburant. La plupart des provocateurs se lassent d’un mur doux.

2. Parler à la personne, pas de la personne

«

Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.

»
matthieu 18:15 · LSG

Le protocole de Jésus est d’une modernité désarmante : en direct, en tête-à-tête, sur les faits. Pas la plainte diffuse à toute l’équipe, qui empoisonne le service, mais : « Quand tu reprends mon dossier sans me le dire, ça me met en difficulté ; comment on fait ? » Soit vous « gagnez » la relation (beaucoup de pénibles ne se voient pas), soit vous avez posé un fait établi, utile pour la suite.

3. Une phrase de prière chaque matin

«

Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent.

»
matthieu 5:44 · LSG

Ce geste ne présuppose même pas que l’autre change : prier pour quelqu’un rend très difficile de le réduire à sa nuisance. Thérèse de Lisieux l’a éprouvé avec une sœur qui avait « le talent de lui déplaire en toutes choses » : à force de prier pour elle, le regard a fini par changer, des deux côtés. Commencez petit : une phrase chaque matin pour le collègue en question. « Seigneur, bénis-le, et aide-moi à tenir. » Vous priez autant pour vous que pour lui, et c’est le but.

4. Réduire la surface de contact

«

S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes.

»
romains 12:18 · LSG

Lisez bien les deux clauses : « s’il est possible », « autant que cela dépend de vous ». Paul reconnaît que la paix ne dépend pas que de vous. Votre part : la douceur, la parole directe, la prière. Pas la sienne. Si rien ne bouge, vous avez le droit (biblique) de cadrer les échanges par écrit, de refuser les sujets qui dérapent, de demander à changer de bureau. Aimer n’a jamais signifié s’exposer sans fin.

Quand ce n’est plus « pénible » : harcèlement et santé

Pénible n’est pas toxique. Le collègue lourd, maladroit, envahissant relève des quatre gestes ci-dessus. Mais l’humiliation répétée, la mise à l’écart, le sabotage, les remarques qui vous font douter de votre valeur, c’est du harcèlement, pas un problème spirituel à endurer avec douceur : documentez les faits, alertez (manager, RH, médecine du travail, représentants du personnel), protégez-vous. Se défendre n’est pas un manque de charité ; laisser faire n’est pas une vertu. Et si la situation entame votre sommeil ou votre santé, consulter n’est pas un manque de foi : c’est prendre soin de vous.

Pourquoi votre open space est un terrain biblique

Huit heures par jour avec des gens qu’on n’a pas choisis : c’est la définition du travail salarié, et la définition biblique du prochain. Quand on demande à Jésus « qui est mon prochain ? », il répond par l’histoire d’un homme trouvé au bord de la route (Lc 10) : le prochain est celui qui se trouve là. Votre open space est littéralement le terrain d’application.

Dernier point de vigilance : « Ne te laisse pas vaincre par le mal » (Rm 12:21). Le vrai danger d’un conflit qui dure : devenir vous-même cynique, dur, obsédé. Si vous ruminez le collègue jusque dans vos soirées, le sujet mérite d’être déposé, pour vous autant que pour lui.

Parlez-en à Jeshua : il a une certaine expérience des repas avec des convives compliqués.

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