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Jésus a-t-il existé ?

On vous a dit que Jésus serait un mythe, ou vous vous demandez si votre foi repose sur du solide.

La foi chrétienne repose sur Quelqu'unqui a vraiment vécu.

La réponse, en bref

Oui : l'immense majorité des historiens, croyants ou non, tient l'existence de Jésus de Nazareth pour établie. Les lettres de Paul, écrites dans les années 50, nomment Jacques, « le frère du Seigneur » (Ga 1:19), et l'historien romain Tacite rapporte son exécution sous Ponce Pilate (Annales, XV, 44). Sa résurrection, l'historien en constate le témoignage ; l'Église la tient pour réelle.

À retenir

  • L'immense majorité des historiens, croyants ou non, admet que Jésus a existé.
  • Lisez l'Évangile de Marc d'une traite, comme un document ancien.
  • Pour l'Église, la résurrection est réelle et historique, et dépasse l'histoire.
Trois ans plus tard, je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas, et je demeurai quinze jours chez lui. Mais je ne vis aucun autre des apôtres, si ce n'est Jacques, le frère du Seigneur.
Galates 1:18-19*
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Un collègue affirme que Jésus est un mythe, une vidéo assure qu'aucun document de l'époque n'en parle, ou bien, croyant, vous vous demandez si votre foi repose sur du solide. La question est légitime, et elle mérite une réponse d'historien plutôt qu'un acte de foi. Que savent vraiment les spécialistes, croyants ou non ? Quels textes parlent de Jésus, à quelle date, avec quelles limites ? Et où s'arrête ce que l'histoire peut dire ?

Ce qu’en disent les historiens, croyants ou non

L’immense majorité des historiens de l’Antiquité tient l’existence de Jésus de Nazareth pour acquise. Ils débattent de ce qu’il a dit et fait ; presque aucun ne doute qu’il ait vécu.

Le prêtre exégète John P. Meier a mené une enquête strictement historique, en ne retenant que ce qu’un historien catholique, protestant, juif ou agnostique pourrait admettre ensemble (Un certain juif, Jésus, tome 1 en français : Cerf, 2004). L’historien Bart D. Ehrman, qui se dit agnostique, a consacré tout un livre à la question pour y répondre oui (Did Jesus Exist?, 2012).

Et la thèse de Michel Onfray ?

En France, l’idée que Jésus serait une figure littéraire plutôt qu’un homme est surtout associée au philosophe Michel Onfray (Décadence, 2017 ; Théorie de Jésus, 2023) : c’est la thèse dite « mythiste ». Elle reste très minoritaire chez les historiens de l’Antiquité, car il faut, pour la soutenir, écarter une à une des sources indépendantes qui convergent.

Les sources : des lettres de Paul aux historiens romains

Les textes chrétiens les plus anciens sont les lettres de Paul, écrites dans les années 50, une vingtaine d’années après la mort de Jésus. Paul y raconte sa première visite à Jérusalem :

Trois ans plus tard, je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas, et je demeurai quinze jours chez lui. Mais je ne vis aucun autre des apôtres, si ce n’est Jacques, le frère du Seigneur.

Galates 1:18-19*

Paul a donc connu Pierre et Jacques, un proche parent de Jésus (c’est ainsi que le Catéchisme de l’Église catholique comprend ces « frères », § 500).

Les quatre Évangiles suivent, rédigés selon la plupart des spécialistes entre la fin des années 60 et la fin du Ier siècle. Ce sont des témoignages de foi, qui gardent « la forme d’une prédication » ; l’Église en affirme pourtant l’historicité (Catéchisme, § 126, citant le concile Vatican II, Dei Verbum, 19).

Des auteurs non chrétiens en parlent aussi :

  • Flavius Josèphe, historien juif (Antiquités juives, vers 93-94), mentionne la mise à mort, vers 62, de « Jacques, frère de Jésus appelé Christ » (XX, 200), passage généralement tenu pour authentique. Un passage plus long sur Jésus (XVIII, 63-64), le Testimonium Flavianum, a été, selon la plupart des historiens, en partie remanié par des copistes chrétiens ; beaucoup y reconnaissent pourtant un noyau d’origine.
  • Tacite, historien romain (Annales, XV, 44, vers 116), explique que le nom des chrétiens vient du Christ, exécuté sous Tibère par le procurateur Ponce Pilate. Hostile aux chrétiens, il n’a aucune raison de leur inventer un fondateur.
  • Pline le Jeune (Lettres, X, 96, vers 112) décrit des chrétiens qui chantent un hymne « au Christ comme à un dieu ». Il atteste un culte, pas une biographie.
  • Suétone (Vie de Claude, 25, vers 121) rapporte que Claude chassa de Rome des Juifs qui s’agitaient « à l’instigation de Chrestus » : allusion déformée au Christ pour beaucoup, mais l’identification reste discutée.

Ce que l’histoire établit, et ce qu’elle ne peut pas trancher

Le socle admis est modeste mais solide : un Juif de Galilée, baptisé par Jean (Mc 1:9)« En ce temps-là, Jésus vint de Nazareth en Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. »Marc 1:9*, qui prêche en Galilée entouré de disciples, et qui est crucifié à Jérusalem sous Ponce Pilate, préfet de Judée de 26 à 36. Le baptême et la croix comptent parmi les faits les plus sûrs : les premiers chrétiens n’avaient aucun intérêt à inventer que leur maître ait reçu le baptême d’un autre, ni qu’il soit mort du supplice des esclaves et des rebelles.

Sur la résurrection, l’historien s’arrête au seuil. Au milieu des années 50, Paul transmet un résumé de foi qu’il a lui-même « reçu » :

Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures; et qu’il est apparu à Céphas, puis aux douze.

1 Corinthiens 15:3-5*

L’historien peut constater que des témoins ont très tôt affirmé avoir vu Jésus vivant après sa mort. L’événement lui-même échappe à ses méthodes. L’Église le tient pour un « événement historique constatable » par des signes (le tombeau vide, les rencontres avec le Ressuscité), qui pourtant « transcende et dépasse l’histoire » (Catéchisme, § 647) : y adhérer relève de la foi.

Pourquoi n’a-t-on pas de « preuve » de Jésus ?

Ni document officiel, ni portrait, ni objet : c’est le cas de presque tous les personnages de l’Antiquité, hormis certains souverains connus par des monnaies ou des inscriptions. Jésus n’a rien écrit ; Socrate non plus, que l’on connaît surtout par deux disciples, Platon et Xénophon. Ponce Pilate lui-même n’était connu que par des textes jusqu’à la découverte, à Césarée en 1961, d’une inscription portant son nom et son titre de préfet. Pour un prédicateur galiléen exécuté comme un condamné ordinaire, plusieurs sources indépendantes et proches des faits forment une base solide.

Pour vérifier par vous-même

  • Lisez l’Évangile de Marc d’une traite, comme un document ancien : relevez lieux, noms et détails peu flatteurs pour les disciples.
  • Ouvrez un historien : Ehrman pour un regard agnostique, Meier pour une enquête menée par un croyant.
  • Posez vos objections à un prêtre, un pasteur ou un ami croyant.

Reste la question que Jésus pose lui-même : « qui dites-vous que je suis? » (Mt 16:15)« Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis? Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »Matthieu 16:15-16*Le verset en contexte. La page Qui est Jésus ? prend le relais. Une objection vous retient ? Confiez-la à Jeshua, l’intelligence artificielle d’AskJeshua : il en parlera avec vous, sans rien vous imposer.

Ce qu'en disent les différentes Églises

Église catholique
Le Credo rattache la foi à un homme daté et situé, crucifié sous Ponce Pilate (CEC 423). L'Église affirme l'historicité des Évangiles tout en reconnaissant qu'ils ont la forme d'une prédication (Dei Verbum 19, CEC 126) ; la résurrection est un événement historique et réel qui transcende l'histoire (CEC 643, 647).
Églises protestantes
La recherche sur le « Jésus historique » s'est largement développée dans les facultés de théologie protestantes depuis le XIXe siècle. Ses représentants tiennent l'existence de Jésus pour établie et débattent surtout du lien entre le Jésus de l'histoire et le Christ confessé par la foi.

Les références de cette fiche

Pour vérifier, approfondir, ou prier avec ces textes.

Dans la Bible 6

Galates 1:18-19 Trois ans plus tard, je montai à Jérusalem pour…
Trois ans plus tard, je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas, et je demeurai quinze jours chez lui. Mais je ne vis aucun autre des apôtres, si ce n'est Jacques, le frère du Seigneur.
1 Corinthiens 15:3-5 Je vous ai enseigné avant tout, comme je…
Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures; et qu'il est apparu à Céphas, puis aux douze.
Jean 20:31 Mais ces choses ont été écrites afin que vous…
Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom.
Luc 3:1 La quinzième année du règne de Tibère César…
La quinzième année du règne de Tibère César, -lorsque Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, son frère Philippe tétrarque de l'Iturée et du territoire de la Trachonite, Lysanias tétrarque de l'Abilène,
Marc 1:9 En ce temps-là, Jésus vint de Nazareth en…
En ce temps-là, Jésus vint de Nazareth en Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.
1 Corinthiens 15:14 Et si Christ n'est pas ressuscité, notre…
Et si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine.

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À lire aussi

Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible Louis Segond (1910), traduction du domaine public.

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