Pourquoi Jésus est mort sur la croix ?
Vous avez vu des crucifix toute votre vie, sans bien comprendre pourquoi on dit qu'il est mort pour vous.
Jésus n'a pas fui la croix.Il a donné sa vie, par amour.
La réponse, en bref
Jésus a été crucifié sous Ponce Pilate, gouverneur romain, après un conflit avec certaines autorités religieuses de Jérusalem. Pour les chrétiens, il a donné librement sa vie : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15:13). Sa mort nous réconcilie avec Dieu et ouvre sur la résurrection.
À retenir
- Pour la foi, Jésus a donné librement sa vie pour nous réconcilier avec Dieu.
- Restez quelques minutes devant un crucifix : il a donné sa vie pour vous aussi.
- Il n'y a pas un Père en colère et un Fils qui l'apaise : il y a un seul amour.
Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
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Vous avez vu des crucifix toute votre vie, peut-être sans comprendre. Pourquoi un homme qui guérissait et pardonnait a-t-il fini sur une croix ? Et pourquoi les chrétiens disent-ils qu'il est mort « pour nos péchés », comme si cela vous concernait, deux mille ans plus tard ? Peut-être qu'une image vous gêne aussi : celle d'un Dieu qui exigerait la mort de son Fils. Voici les deux réponses, celle de l'histoire et celle de la foi, sans les confondre.
Pourquoi a-t-il été crucifié ? Ce que dit l’histoire
Vers l’an 30, Jésus monte à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Son enseignement et ses gestes, notamment au Temple, l’opposent à certaines autorités religieuses de la ville, qui redoutent des troubles face à l’occupant romain. L’Évangile de Jean leur prête cette crainte : « les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation » (Jn 11:48). Jésus est arrêté, puis livré au gouverneur romain Ponce Pilate, qui détient le pouvoir de condamner à mort.
La croix est un supplice romain, infligé surtout aux esclaves et aux rebelles. Le motif affiché au-dessus de Jésus est politique : « Le roi des Juifs » (Mc 15:26)« L'inscription indiquant le sujet de sa condamnation portait ces mots: Le roi des Juifs. ». Et Pilate, « voulant satisfaire la foule », le livre pour être crucifié (Mc 15:15).
Qui est responsable de la mort de Jésus ?
Pas « les Juifs », et l’Église catholique l’enseigne clairement. Le concile Vatican II déclare que ce qui a été commis durant la Passion « ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps » (Nostra Aetate, 4). Jésus, sa mère et les apôtres étaient juifs ; et sur la croix, Jésus prie : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Lc 23:34)« Jésus dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. ».
Le Catéchisme de l’Église catholique (§ 597-598) va plus loin : la foi reconnaît en tous les pécheurs les auteurs de la Passion, et elle impute aux chrétiens eux-mêmes la responsabilité la plus grave, eux qui en ont « trop souvent accablé uniquement les Juifs ». La vraie question devient : que dit cette mort de vous, et de Dieu ?
Pourquoi ne s’est-il pas enfui ?
Jésus voyait venir le conflit, et il est resté : « Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même », dit-il de sa vie (Jn 10:18)« Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre: tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père. ». La croix est un don, consenti jusqu’au bout.
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
Le Catéchisme précise que ce sacrifice est à la fois un don du Père, qui livre son Fils pour nous réconcilier avec lui, et l’offrande du Fils, qui donne sa vie « librement et par amour » (§ 614). Il n’y a donc pas, d’un côté, un Père en colère et, de l’autre, un Fils qui l’apaiserait : il y a un seul amour. Paul le résume : « Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rm 5:8)« Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. ».
« Mort pour nos péchés » : qu’est-ce que ça veut dire ?
Dans la Bible, le péché n’est pas d’abord une infraction au règlement : c’est une relation abîmée avec Dieu et avec les autres. Des siècles avant Jésus, le livre d’Isaïe parlait d’un serviteur souffrant, en qui les premiers chrétiens ont reconnu le Christ :
Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.
Jean-Baptiste le désigne comme « l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jn 1:29)« Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit: Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. », et Paul ose cette formule : Dieu « l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Co 5:21)« Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. ». Jésus prend sur lui ce qui nous sépare de Dieu, pour nous donner ce qui l’unit au Père. Le Catéchisme parle d’un sacrifice unique, qui « achève et dépasse tous les sacrifices » (§ 614) ; et ce n’est pas la quantité de souffrance qui sauve, c’est « l’amour jusqu’à la fin » (§ 616). Saint Thomas d’Aquin le dit à sa manière : en souffrant par amour et par obéissance, le Christ a offert à Dieu plus que ne l’exigeait la réparation de toutes les offenses humaines (Somme théologique III, q. 48, a. 2).
La croix n’est donc pas une transaction froide : c’est le rétablissement d’une relation, car « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (2 Co 5:19)« Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. ». Catholiques, orthodoxes et protestants éclairent ce mystère avec des accents différents, qui ne s’excluent pas : sacrifice et satisfaction, victoire sur la mort, substitution du juste aux coupables (le Catéchisme dit lui-même que Jésus « substitue son obéissance à notre désobéissance », § 615).
Et la messe, dans tout cela ?
La veille de sa mort, Jésus prend le pain : « Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi » (Lc 22:19)« Ensuite il prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi. ». Le sacrifice de la croix a eu lieu une fois pour toutes et ne se répète pas. Mais, enseigne le Catéchisme, l’Eucharistie le rend présent : c’est « une seule et même victime », seule la manière de l’offrir diffère (§ 1366-1367). À chaque messe, c’est cette unique offrande du Christ qui vous rejoint.
La croix n’est pas la fin
Un des plus anciens résumés de la foi, que Paul dit avoir reçu, unit la mort et la vie :
Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures
Sans la résurrection, la croix serait un échec de plus. Avec elle, elle devient un passage : la mort n’a pas eu le dernier mot. Pour laisser ce mystère vous rejoindre :
- Restez quelques minutes devant un crucifix, en relisant Romains 5:8 : c’est aussi pour vous, avant tout mérite.
- Lisez d’une traite le récit de la Passion dans l’Évangile de Marc (chapitres 14 et 15).
- Venez à l’office du Vendredi saint ou à une messe.
- Si une faute vous pèse, déposez-la dans la prière et, si vous êtes catholique, dans le sacrement de réconciliation auprès d’un prêtre.
Une question vous retient encore, une culpabilité qui ne passe pas ? Décrivez-la à Jeshua, l’intelligence artificielle d’AskJeshua : il en parlera avec vous, sans jugement. Et si une faute vous pèse, il peut vous aider à préparer une démarche vers un prêtre ou un accompagnateur.
Ce qu'en disent les différentes Églises
- Église catholique
- La croix est l'unique sacrifice qui réconcilie l'humanité avec Dieu (CEC 613-614). Dans la ligne de saint Anselme et de saint Thomas d'Aquin (Somme III, q. 48, a. 2), elle est « satisfaction » : non une peine infligée par un Père en colère, mais l'offrande d'amour et d'obéissance du Fils. Ce sacrifice est rendu présent dans l'Eucharistie (CEC 1366-1367).
- Églises orthodoxes
- L'accent porte sur la victoire du Christ sur la mort et le diable (He 2:14-15), proclamée chaque Pâque : par sa mort, il a vaincu la mort. La croix et la résurrection ouvrent à l'homme la divinisation (théosis) : le Fils de Dieu s'est fait homme pour nous faire Dieu (saint Athanase, cité par CEC 460).
- Églises protestantes
- Les Réformateurs, notamment Calvin (Institution II, 16, 5-6), ont mis au premier plan la substitution pénale : le Christ innocent a porté à notre place la condamnation due au péché (Is 53:5, 2 Co 5:21), afin que le croyant soit déclaré juste par la foi seule. L'accent est mis sur la gravité du péché et la gratuité du pardon.
Les références de cette fiche
Pour vérifier, approfondir, ou prier avec ces textes.
Dans la Bible 11
Jean 15:13 Il n'y a pas de plus grand amour que de donner… ›
Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
Romains 5:8 Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce… ›
Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous.
1 Corinthiens 15:3-4 Je vous ai enseigné avant tout, comme je… ›
Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures
Jean 10:18 Personne ne me l'ôte, mais je la donne de… ›
Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre: tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père.
Isaïe 53:5 Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé… ›
Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.
Jean 1:29 Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il… ›
Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit: Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.
2 Corinthiens 5:21 Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait… ›
Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.
2 Corinthiens 5:19 Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde… ›
Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation.
Luc 22:19 Ensuite il prit du pain; et, après avoir rendu… ›
Ensuite il prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi.
Marc 15:26 L'inscription indiquant le sujet de sa… ›
L'inscription indiquant le sujet de sa condamnation portait ces mots: Le roi des Juifs.
Luc 23:34 Jésus dit: Père, pardonne-leur, car ils ne… ›
Jésus dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font.
Dans la tradition de l'Église 6
Église catholique, Catéchisme de l'Église catholique , § 597-598 1992 Lire ↗ Concile Vatican II, Déclaration Nostra Aetate sur les relations de l'Église avec les religions non chrétiennes , § 3 (islam) et § 4 (judaïsme) 1965 Lire ↗ Église catholique, Catéchisme de l'Église catholique , § 613-617 1992 Lire ↗ Église catholique, Catéchisme de l'Église catholique , § 1366-1367 1992 Lire ↗À lire aussi
Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible Louis Segond (1910), traduction du domaine public.