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Pourquoi Dieu permet-il la souffrance ?

Un diagnostic, un deuil, une injustice : la douleur est là, et vous vous demandez où est Dieu dans tout cela.

Dieu ne donne pas d'explication.Il donne une présence.

La réponse, en bref

Dieu ne veut pas le mal et n'en est pas l'auteur : il respecte la liberté de ses créatures et peut en tirer un bien, sans que le mal devienne un bien (Catéchisme, § 311-312). Aucune explication n'épuise la question. La réponse chrétienne est une présence : le Christ a crié « pourquoi m'as-tu abandonné? » (Mt 27:46) et rejoint chacun dans sa douleur.

À retenir

  • Dieu ne veut pas le mal, et la souffrance n'est pas une punition.
  • Dites à Dieu votre douleur telle qu'elle est, colère comprise : c'est encore prier.
  • Ne restez pas seul : un proche, un médecin, ou le 3114 si des idées noires viennent.
Et vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte: Éli, Éli, lama sabachthani? c'est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?
Matthieu 27:46*
Confier ma situation à Jeshua

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Un diagnostic qui tombe, un enfant malade, un deuil qui n'a aucun sens. Ou simplement les nouvelles du monde, le soir. Et la question revient, parfois avec colère : si Dieu est bon, pourquoi permet-il cela ? Vous avez peut-être déjà entendu des réponses qui ont fait plus de mal que de bien. Voici ce que la foi chrétienne dit honnêtement, ce qu'elle ne prétend pas expliquer, et où chercher Dieu quand vous avez l'impression qu'il s'est absenté.

Si vous posez cette question en pleine épreuve

Si vous cherchez pourquoi Dieu permet la souffrance, c’est peut-être que vous souffrez, ou que vous voyez souffrir quelqu’un que vous aimez. Alors commençons par là : ce n’est pas le moment d’une réponse théorique à une douleur réelle, et il faut se méfier de ceux qui en ont une toute prête.

L’Église elle-même le reconnaît : pour le Catéchisme de l’Église catholique (§ 309), « aucune réponse rapide ne saura suffire », et « il n’y a pas un trait du message chrétien qui ne soit pour une part une réponse à la question du mal ». Pas une phrase, donc, mais toute une histoire : celle d’un Dieu qui ne reste pas à distance.

Si vous avez l’impression que Dieu vous a abandonné

Ce sentiment n’est pas un manque de foi. Il est dans la Bible, jusque sur les lèvres de Jésus :

Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Éli, Éli, lama sabachthani? c’est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?

Matthieu 27:46*

Jésus prie ici le début du psaume 22 : il ne cache pas l’abandon ressenti, il l’adresse à Dieu. Ce psaume s’achève dans la confiance, et le Christ le prie « dans l’amour rédempteur qui l’unissait toujours au Père » (Catéchisme, § 603). Les psaumes sont pleins de ces cris (« Jusques à quand, Éternel! m’oublieras-tu sans cesse? », Ps 13:2). Jean-Paul II le rappelle dans sa lettre Salvifici doloris (1984, § 10) : cette question peut être adressée à Dieu, qui « attend la demande et l’écoute ».

Devant le tombeau de son ami Lazare, « Jésus pleura » (Jn 11:35)« Jésus pleura. »Jean 11:35* : avant d’agir, il a pleuré avec ceux qui pleuraient. Dire à Dieu votre colère ou votre vide, c’est encore lui parler.

Dieu veut-il ce qui vous arrive ?

Dieu ne veut pas le mal. Le Catéchisme est net : il n’est « en aucune façon, ni directement ni indirectement, la cause du mal moral » (§ 311). Il le permet, parce qu’il a voulu des êtres libres, capables d’aimer, donc aussi de refuser l’amour. Un amour programmé ne serait pas un amour. Guerres, violences, injustices naissent de là.

Pour la maladie, les catastrophes, la mort d’un enfant, la liberté n’explique pas tout. Le Catéchisme parle d’un monde créé « en état de voie » vers sa perfection, pas encore achevé (§ 310). C’est une lumière, pas une solution : le mystère demeure, et la foi ne vous demande pas de faire semblant de le comprendre.

L’Écriture affirme aussi que Dieu peut tirer un bien même du pire. Joseph, vendu par ses frères, leur dit des années plus tard :

Vous aviez médité de me faire du mal: Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux.

Genèse 50:20*

Attention au contresens : « Le mal n’en devient pas pour autant un bien », précise le Catéchisme (§ 312). Personne n’a à prétendre que ce qui le brise est une bonne chose.

Ce que Job a trouvé, sans recevoir d’explication

Job perd tout : ses enfants, ses biens, sa santé. Ses amis lui expliquent que, s’il souffre, c’est qu’il a fauté. Job refuse. À la fin, Dieu donne tort aux amis : « vous n’avez pas parlé de moi avec droiture » (Jb 42:7)« Après que l'Éternel eut adressé ces paroles à Job, il dit à Éliphaz de Théman: Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n'avez pas parlé de moi avec droiture comme l'a fait mon serviteur Job. »Job 42:7*. La souffrance n’est pas une punition.

Pourtant, Dieu ne donne à Job aucune explication. Il se montre. Et Job répond : « Mon oreille avait entendu parler de toi; Mais maintenant mon oeil t’a vu » (Jb 42:5)« Mon oreille avait entendu parler de toi; Mais maintenant mon oeil t'a vu. »Job 42:5*. Il trouve la paix non parce qu’il a compris, mais parce qu’il a rencontré Quelqu’un.

C’est le cœur de la réponse chrétienne : non une explication, une Présence. Selon Jean-Paul II, le Christ « ne répond ni directement ni de manière abstraite » à la question du sens de la souffrance (Salvifici doloris, § 26) : il la rejoint de l’intérieur, jusqu’à la croix. Et il a prévenu ses amis sans détour :

Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.

Jean 16:33*

Ce qui peut aider, concrètement

  • Dites votre douleur à Dieu telle qu’elle est, colère comprise. Les psaumes 13 et 22 peuvent vous prêter leurs mots. Ou simplement : « Seigneur, je ne comprends pas. Je ne te demande pas d’abord une explication : reste là. »
  • Ne restez pas seul. Un ami croyant, un prêtre, un pasteur, un groupe d’accompagnement du deuil : la présence des autres est souvent la première forme que prend celle de Dieu.
  • Méfiez-vous des explications toutes faites, y compris celles que vous vous répétez (« je l’ai mérité », « Dieu me punit »). Ce n’est pas l’Évangile.
  • Si la souffrance s’installe dans le corps ou le moral (insomnie, épuisement, idées noires), parlez-en à un médecin : le soin n’est pas un manque de foi. Pensées très sombres : le 3114 répond jour et nuit.
  • Plus tard, peut-être, vous consolerez à votre tour avec la consolation reçue (2 Co 1:4). Rien ne presse.

La souffrance aura-t-elle le dernier mot ?

La foi chrétienne ne promet pas que la souffrance va s’expliquer. Elle promet qu’elle ne sera pas la fin de l’histoire : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus » (Ap 21:4)« Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. »Apocalypse 21:4*. Cette espérance n’efface pas la douleur d’aujourd’hui ; elle lui donne un horizon. En attendant, le Christ a promis d’être là « tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28:20), y compris dans ceux que vous traversez.

Si c’est trop lourd à porter seul ce soir, appelez quelqu’un qui vous est proche, ou le 3114 si des pensées très sombres vous traversent. Vous pouvez aussi décrire votre situation à Jeshua, l’intelligence artificielle d’AskJeshua : pas d’explication toute faite, une écoute.

Ce qu'en disent les différentes Églises

Église catholique
Le Catéchisme refuse toute réponse rapide (§ 309) : Dieu n'est en aucune façon cause du mal moral, il le permet en respectant la liberté et peut en tirer un bien sans que le mal devienne un bien (§ 311-312). Jean-Paul II (Salvifici doloris, 1984) : le Christ ne répond pas de manière abstraite, il rejoint celui qui souffre jusqu'à la croix.
Églises orthodoxes
Avec saint Basile (homélie Que Dieu n'est pas l'auteur des maux), la tradition orthodoxe refuse de faire de Dieu l'auteur du mal. Elle lit la souffrance et la mort à la lumière de la Pâque : le tropaire pascal chante le Christ vainqueur de la mort par sa mort, présent jusqu'au plus bas de la condition humaine.
Églises protestantes
La théologie de la croix de Luther (Dispute de Heidelberg, 1518) affirme que Dieu se fait connaître dans la souffrance et la croix plutôt que dans la gloire visible. Le Catéchisme de Heidelberg (1563, question 1) place la consolation dans le fait d'appartenir, dans la vie comme dans la mort, à Jésus-Christ.

Les références de cette fiche

Pour vérifier, approfondir, ou prier avec ces textes.

Dans la Bible 8

Matthieu 27:46 Et vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une…
Et vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte: Éli, Éli, lama sabachthani? c'est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?
Jean 16:33 Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez…
Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde.
Genèse 50:20 Vous aviez médité de me faire du mal: Dieu l'a…
Vous aviez médité de me faire du mal: Dieu l'a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd'hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux.
Psaume 22:2 Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'as-tu abandonné…
Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'as-tu abandonné, Et t'éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes?
Jean 11:35 Jésus pleura.
Jésus pleura.
Job 42:5 Mon oreille avait entendu parler de toi; Mais…
Mon oreille avait entendu parler de toi; Mais maintenant mon oeil t'a vu.
Job 42:7 Après que l'Éternel eut adressé ces paroles à…
Après que l'Éternel eut adressé ces paroles à Job, il dit à Éliphaz de Théman: Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n'avez pas parlé de moi avec droiture comme l'a fait mon serviteur Job.
Apocalypse 21:4 Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la…
Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.

Dans la tradition de l'Église 3

Église catholique, Catéchisme de l'Église catholique , § 309-314 1992 Lire ↗ Jean-Paul II, Salvifici doloris, lettre apostolique sur le sens chrétien de la souffrance humaine , § 10, 11, 26 11 février 1984 Lire ↗
Basile de Césarée, Homélie « Que Dieu n'est pas l'auteur des maux » (Quod Deus non est auctor malorum) IVe siècle

Chez d'autres chrétiens 2

Zacharias Ursinus et Caspar Olevianus (rédacteurs), Catéchisme de Heidelberg , Question 1 1563
Martin Luther, Dispute de Heidelberg , Thèses 19-21 1518

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À lire aussi

Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible Louis Segond (1910), traduction du domaine public.

Mis à jour le