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Comment faire son deuil ?

Même se lever demande un effort, et autour de vous certains voudraient déjà que vous tourniez la page.

Le deuil avance par vagues.On le traverse, à son rythme.

La réponse, en bref

On ne « fait » pas son deuil comme une tâche : on le traverse, à son rythme, en prenant soin de son corps, en parlant du défunt et en se laissant entourer. Jésus lui-même a pleuré son ami Lazare (Jn 11:35). Si la douleur ne bouge pas après de longs mois, consultez ; en cas d'idées noires, le 3114.

À retenir

  • Jésus a pleuré son ami Lazare : vos larmes ne sont pas un manque de foi.
  • Prenez soin de votre corps, parlez du défunt, laissez-vous entourer.
  • Ne restez pas seul : un proche, un soignant, ou le 3114 si des idées noires viennent.
Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému. Et il dit: Où l'avez-vous mis? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois. Jésus pleura. Sur quoi les Juifs dirent: Voyez comme il l'aimait.
Jean 11:33-36*
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Les obsèques sont passées, les messages se font plus rares, et vous en êtes encore au premier matin. Ou bien des mois ont passé, et l'on vous fait comprendre qu'il serait temps de « tourner la page ». Perdre un père, une mère, un mari, une femme, un enfant : chaque deuil est unique, et personne ne devrait vous dicter comment le vivre. Alors par où commencer, quand même se lever demande un effort ?

On ne « fait » pas son deuil : on le traverse

L’expression « faire son deuil » laisse entendre qu’il y aurait une tâche à terminer, puis une page à tourner. Pourtant, on ne range pas un amour dans un dossier clos : on apprend, lentement, à vivre avec une absence. Le deuil avance par vagues, avec des jours plus légers et des retours de chagrin sans prévenir.

Perdre un père ou une mère, c’est perdre une part de son histoire. Perdre son mari ou sa femme, c’est perdre le témoin de chaque jour. Perdre un enfant bouleverse l’ordre même des choses. Aucun deuil ne ressemble à un autre, et personne n’a à vous imposer un rythme. La Bible le dit : il y a « un temps pour pleurer, et un temps pour rire » (Ec 3:4)« un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser; »Ecclésiaste 3:4*. Le premier n’a pas à être écourté.

Les premières semaines : le corps d’abord, et ne pas rester seul

Quand tout s’effondre, commencez par des gestes simples :

  • Dormez, même mal, et mangez un peu, même sans faim : le chagrin épuise le corps.
  • Laissez-vous aider : un repas apporté, une démarche administrative confiée à un proche.
  • Parlez du défunt. Dites son prénom, racontez des souvenirs. Vos proches n’osent souvent pas en parler : dites-leur que cela vous aide. L’apôtre Paul écrit : « pleurez avec ceux qui pleurent » (Rm 12:15)« Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent; pleurez avec ceux qui pleurent. »Romains 12:15*. Laissez-les le faire.
  • Gardez un petit rituel : une bougie le soir, une photo, une prière, une visite au cimetière si elle vous apaise.
  • Repoussez les grandes décisions (vendre, déménager) quand c’est possible.

Les étapes du deuil : une carte, pas un parcours obligé

On parle souvent de cinq étapes : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation. Ce modèle vient de la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross, qui l’a décrit en 1969 à partir de malades en fin de vie, face à leur propre mort, avant qu’on l’applique au deuil. Elle précisait que ces étapes peuvent se chevaucher ou manquer, et les recherches ne confirment pas un ordre fixe. C’est une carte indicative : si vous ne vous y reconnaissez pas, vous ne faites pas « mal » votre deuil.

Certaines dates rouvrent la plaie : l’anniversaire du défunt, celui du décès, la Toussaint, Noël, la fête des pères ou des mères. Préparez-les : ne restez pas seul ce jour-là, prévoyez un geste (une messe, une visite, un repas où l’on parle de lui). L’Église elle-même marque ces jalons en priant pour le défunt au septième et au trentième jour, puis à l’anniversaire (Catéchisme de l’Église catholique, § 1687).

Si vous croyez, et que vous pleurez quand même

Certains croyants se reprochent leurs larmes. Regardez Jésus devant le tombeau de son ami Lazare :

Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému. Et il dit: Où l’avez-vous mis? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois. Jésus pleura. Sur quoi les Juifs dirent: Voyez comme il l’aimait.

Jean 11:33-36*

Jésus sait qu’il va rendre la vie à Lazare, et pourtant il pleure. Saint Augustin raconte dans les Confessions (IX, 12) qu’à la mort de sa mère, Monique, il a d’abord retenu ses larmes, pensant qu’elles ne convenaient pas aux funérailles d’une femme de foi ; puis, seul devant Dieu, il les a laissées couler « autant qu’elles voulaient », et son cœur, écrit-il, « s’y reposa ».

La foi ne promet pas d’échapper au chagrin. Elle promet une consolation :

Heureux les affligés, car ils seront consolés!

Matthieu 5:4*

Paul, lui, ne demande pas aux chrétiens de cesser d’être tristes :

Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance. Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts.

1 Thessaloniciens 4:13-14*

Pas « comme les autres » : la tristesse demeure, traversée par une espérance. Quant aux phrases que l’on vous répète (« il est mieux là où il est », « Dieu l’a rappelé à lui »), elles veulent souvent consoler ; si elles vous blessent, vous n’êtes pas obligé d’y voir une explication. Dieu ne vous demande pas d’aller bien. Vous pouvez lui dire votre peine, et même votre colère.

Quand demander de l’aide

Le deuil n’est pas une maladie, mais il arrive qu’il se bloque, et cela peut se soigner. Parlez-en à votre médecin traitant ou à un psychologue si, après de longs mois, la douleur ne bouge pas du tout, si vous n’arrivez plus à dormir, à manger ou à travailler, si vous vous coupez de tous, ou si la culpabilité vous ronge. Si des idées noires vous traversent, ou l’envie de rejoindre la personne que vous avez perdue, n’attendez pas : le 3114 (numéro national de prévention du suicide) répond 24h/24, gratuitement.

Des associations accompagnent les personnes endeuillées : Empreintes propose une ligne d’écoute nationale (01 42 38 08 08) et des groupes d’entraide pour adultes, adolescents, enfants et parents ; JALMALV (Jusqu’à la mort accompagner la vie) anime des groupes de parole pour les personnes en deuil. Votre paroisse aussi : l’équipe qui a préparé les obsèques, un prêtre qui vous écoute, une messe célébrée pour le défunt.

Et si ce soir le manque est trop lourd, appelez d’abord un proche, un prêtre ou votre médecin, et le 3114 si des idées noires vous traversent. Vous pouvez aussi écrire à Jeshua, l’intelligence artificielle d’AskJeshua : il vous écoutera sans phrase toute faite.

Ce qu'en disent les différentes Églises

Église catholique
Les funérailles expriment la communion avec le défunt et annoncent la vie éternelle (CEC 1684). L'Église prie pour le défunt, notamment au septième et au trentième jour et à l'anniversaire (CEC 1687), fait célébrer l'Eucharistie pour lui (CEC 1689), et ses équipes paroissiales des funérailles accompagnent les familles.
Églises orthodoxes
Le deuil est entouré de prières pour le défunt : l'office de la panikhide, célébré notamment aux 3e, 9e et 40e jours puis aux anniversaires, et plusieurs samedis des défunts dans l'année. Le baiser d'adieu des funérailles byzantines dit qu'en Christ les morts ne sont pas séparés des vivants (cité au CEC 1690).
Églises protestantes
Les Églises de la Réforme vivent les obsèques comme un culte de consolation et d'action de grâce, centré sur la Parole et la résurrection. Le Catéchisme de Heidelberg (1563, question 1) place l'unique consolation dans le fait d'appartenir, dans la vie comme dans la mort, à Jésus-Christ.

Les références de cette fiche

Pour vérifier, approfondir, ou prier avec ces textes.

Dans la Bible 6

Jean 11:33-36 Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui…
Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému. Et il dit: Où l'avez-vous mis? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois. Jésus pleura. Sur quoi les Juifs dirent: Voyez comme il l'aimait.
Matthieu 5:4 Heureux les affligés, car ils seront consolés!
Heureux les affligés, car ils seront consolés!
1 Thessaloniciens 4:13-14 Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez…
Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n'ont point d'espérance. Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts.
Ecclésiaste 3:4 un temps pour pleurer, et un temps pour rire…
un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser;
Romains 12:15 Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent…
Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent; pleurez avec ceux qui pleurent.
Psaume 34:19 L'Éternel est près de ceux qui ont le coeur…
L'Éternel est près de ceux qui ont le coeur brisé, Et il sauve ceux qui ont l'esprit dans l'abattement.

Chez d'autres chrétiens 2

Zacharias Ursinus et Caspar Olevianus (rédacteurs), Catéchisme de Heidelberg , Question 1 1563
Orthodox Church in America, Prayers for the Departed (questions et réponses) consulté en novembre 2026 Lire ↗

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À lire aussi

Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible Louis Segond (1910), traduction du domaine public.

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