Dieu guérit-il encore aujourd'hui ?
Vous priez pour une guérison, la vôtre ou celle d'un proche, et vous vous demandez si Dieu guérit encore.
La guérison ne se mérite pas.On peut la demander, en confiance.
La réponse, en bref
Oui, l'Église croit que Dieu peut encore guérir et prie pour les malades, notamment par le sacrement de l'onction (Jc 5:14-15). Mais la guérison ne dépend ni du mérite ni de la « quantité » de foi : même les prières les plus intenses n'obtiennent pas toutes les guérisons (Catéchisme, § 1508). Prier n'exclut jamais les soins : continuez vos traitements.
À retenir
- Si la guérison ne vient pas, ce n'est ni un manque de foi ni un abandon.
- Priez, et continuez vos traitements : la médecine est un moyen que Dieu donne.
- Ne restez pas seul : un prêtre, un soignant, ou le 3114 si des idées noires viennent.
Quelqu'un parmi vous est-il malade? Qu'il appelle les anciens de l'Église, et que les anciens prient pour lui, en l'oignant d'huile au nom du Seigneur; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera; et s'il a commis des péchés, il lui sera pardonné.
Gratuit · sans compte · confidentiel
Vous êtes malade, ou quelqu'un que vous aimez l'est, peut-être gravement. Vous priez, vous espérez, et une question vous traverse : Dieu guérit-il encore, comme dans l'Évangile ? Et si la guérison ne vient pas, est-ce que votre foi est trop faible ? Voici ce que l'Église croit vraiment, ce qu'elle ne promet pas, comment demander le sacrement des malades, et une prière à dire ce soir pour un malade.
Oui, Dieu peut guérir aujourd’hui, et l’Église reste prudente
Dans l’Évangile, Jésus guérit d’abord par compassion. Quand un lépreux lui dit « Si tu le veux, tu peux me rendre pur », Marc précise que Jésus, « ému de compassion, étendit la main, le toucha » (Mc 1:40-41)« Un lépreux vint à lui; et, se jetant à genoux, il lui dit d'un ton suppliant: Si tu le veux, tu peux me rendre pur. Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha, et dit: Je le veux, sois pur. ». Et la lettre aux Hébreux l’affirme : « Jésus Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement » (He 13:8)« Jésus Christ est le même hier, aujourd'hui, et éternellement. ». L’Église croit en « la présence vivifiante du Christ, médecin des âmes et des corps » (Catéchisme, § 1509) : il peut encore guérir, et elle n’a jamais cessé de prier pour les malades.
Elle le fait avec une grande prudence. À Lourdes, une guérison déclarée passe par plusieurs étapes : un premier examen par le Bureau des constatations médicales du sanctuaire ; pour les rares cas solides, l’avis du Comité médical international de Lourdes, rattaché au sanctuaire et coprésidé par l’évêque de Tarbes et Lourdes, qui dit seulement si la guérison reste inexpliquée dans l’état actuel des connaissances ; enfin, l’évêque du diocèse où vit la personne guérie peut, ou non, en reconnaître le caractère miraculeux. Et la plupart des malades qui vont à Lourdes n’y sont pas guéris physiquement : beaucoup disent pourtant y avoir trouvé la paix.
Si vous êtes malade : continuez vos traitements
Disons-le clairement : prier pour la guérison ne remplace jamais les soins. Continuez vos traitements, allez à vos rendez-vous, posez vos questions à vos médecins : la médecine fait partie des moyens que Dieu donne. Le livre du Siracide demande déjà d’honorer le médecin, car le Seigneur l’a créé lui aussi, et de le faire venir après avoir prié (Si 38:1-14). En 2000, la Congrégation pour la doctrine de la foi l’a rappelé : « le recours à la prière n’exclut pas, mais encourage à faire usage des moyens naturels utiles pour conserver et recouvrer la santé » (Instruction sur les prières pour obtenir de Dieu la guérison, I, 2).
Méfiez-vous de quiconque :
- vous promet une guérison si vous arrêtez un traitement ;
- vous demande de l’argent en échange d’une prière ou d’une guérison ;
- vous explique que, si rien ne change, c’est votre foi qui est en cause.
Ce ne sont pas des signes de Dieu. Parlez-en à votre médecin, et à un prêtre ou un pasteur de confiance.
Pourquoi certains guérissent et d’autres non ?
Personne n’a de réponse complète. Mais deux choses sont sûres.
Ce n’est pas une question de mérite. La guérison n’est pas une récompense pour les « bons » croyants. Bernadette Soubirous elle-même, la voyante de Lourdes, est morte de maladie à trente-cinq ans. Et Jésus, rappelle le Catéchisme, « n’a pas guéri tous les malades » (§ 1505).
La foi n’est pas un distributeur automatique. Ce n’est pas une quantité de foi qui « déclenche » la guérison. Saint Paul a supplié d’être délivré d’« une écharde dans la chair » (2 Co 12:7) :
Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m’a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse.
Le Catéchisme en tire la leçon : « Même les prières les plus intenses n’obtiennent toutefois pas la guérison de toutes les maladies » (§ 1508). Si la guérison ne vient pas, ce n’est ni un manque de foi ni un abandon.
Et la guérison n’est pas seulement physique. Beaucoup de malades témoignent d’une paix reçue, d’une réconciliation, d’une force de traverser qu’ils n’attendaient pas. C’est aussi l’œuvre de Dieu.
Le sacrement des malades : comment le demander
L’Église a reçu de la lettre de Jacques un geste précis :
Quelqu’un parmi vous est-il malade? Qu’il appelle les anciens de l’Église, et que les anciens prient pour lui, en l’oignant d’huile au nom du Seigneur; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné.
C’est le sacrement de l’onction des malades. Il n’est pas réservé aux mourants : il s’adresse aux personnes gravement malades ou fragilisées par l’âge, peut être reçu avant une opération importante, et de nouveau si la maladie s’aggrave (Catéchisme, § 1514-1515). Sa grâce première est « une grâce de réconfort, de paix et de courage », et il peut conduire aussi à la guérison du corps « si telle est la volonté de Dieu » (§ 1520).
Concrètement :
- Appelez la paroisse et demandez un prêtre pour le sacrement des malades : seuls les prêtres le donnent (§ 1516).
- À l’hôpital, demandez l’aumônerie catholique (ou l’aumônier de votre confession) à l’accueil ou aux soignants : la plupart des hôpitaux en ont une.
- Préparez le moment : à la maison, à l’hôpital ou à l’église, avec les proches, et si le malade le souhaite avec la confession et la communion (§ 1517).
- N’attendez pas les derniers jours : le recevoir tôt, c’est recevoir tôt la force de traverser.
Une prière pour un malade
À dire seul, au chevet du malade, ou à lui proposer :
Seigneur Jésus, tu t’es arrêté devant chaque malade qui venait à toi. Je te confie [prénom], dans son corps et dans son cœur. Si tu le veux, rends-lui la santé. Donne-lui en tout cas ta paix, la force de traverser ces jours, et des soignants attentifs. Et à moi qui l’aime, donne de rester à ses côtés sans peur. Que ta volonté soit faite. Amen.
Elle vous semble trop courte ? Le lépreux de l’Évangile n’en a pas dit davantage. Et si vous voulez parler de ce que vous vivez (la maladie, l’attente des résultats, la fatigue de celui qui accompagne), décrivez votre situation à Jeshua, l’intelligence artificielle d’AskJeshua : il vous écoutera, sans promesse facile.
Ce qu'en disent les différentes Églises
- Église catholique
- L'onction des malades est l'un des sept sacrements (CEC 1511), donné par un prêtre aux personnes gravement malades ou âgées, et renouvelable (CEC 1514-1516). L'Église prie pour la guérison, encourage l'usage de la médecine (Instruction de 2000) et soumet les guérisons inexpliquées à un examen médical puis au jugement d'un évêque.
- Églises orthodoxes
- L'onction des malades (Euchélaion, ou Sainte Huile) est un mystère de l'Église, prévu pour être célébré par plusieurs prêtres, traditionnellement sept. Dans de nombreuses Églises orthodoxes, elle est aussi proposée à tous les fidèles pendant la Semaine sainte, pour la guérison de l'âme et du corps.
- Églises protestantes
- Les Églises issues de la Réforme ne comptent pas l'onction parmi les sacrements, mais beaucoup pratiquent la prière pour les malades, parfois avec onction d'huile selon Jc 5:14. La médecine y est reçue comme un don de Dieu, et l'accent porte sur la confiance plutôt que sur la promesse d'une guérison.
Les références de cette fiche
Pour vérifier, approfondir, ou prier avec ces textes.
Dans la Bible 5
Jacques 5:14-15 Quelqu'un parmi vous est-il malade? Qu'il… ›
Quelqu'un parmi vous est-il malade? Qu'il appelle les anciens de l'Église, et que les anciens prient pour lui, en l'oignant d'huile au nom du Seigneur; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera; et s'il a commis des péchés, il lui sera pardonné.
2 Corinthiens 12:8-9 Trois fois j'ai prié le Seigneur de l'éloigner… ›
Trois fois j'ai prié le Seigneur de l'éloigner de moi, et il m'a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi.
Marc 1:40-41 Un lépreux vint à lui; et, se jetant à genoux… ›
Un lépreux vint à lui; et, se jetant à genoux, il lui dit d'un ton suppliant: Si tu le veux, tu peux me rendre pur. Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha, et dit: Je le veux, sois pur.
Hébreux 13:8 Jésus Christ est le même hier, aujourd'hui, et… ›
Jésus Christ est le même hier, aujourd'hui, et éternellement.
Matthieu 26:39 Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se… ›
Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi: Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.
Dans la tradition de l'Église 4
Église catholique, Catéchisme de l'Église catholique , § 1499-1532 (l'Onction des malades) 1992 Lire ↗ Église catholique, Catéchisme de l'Église catholique , § 2288 1992 Lire ↗ Congrégation pour la doctrine de la foi (card. Joseph Ratzinger, préfet), Instruction sur les prières pour obtenir de Dieu la guérison , I, 2 ; II, art. 1 et 5 14 septembre 2000 Lire ↗ Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Bureau des constatations médicales et Comité médical international de Lourdes (présentation officielle) page web consultée le 2 novembre 2026 Lire ↗À lire aussi
Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible Louis Segond (1910), traduction du domaine public.